Une quinzaine d’artistes professionnels issus du Théâtre, de la Musique, de la Video et de la Danse ont partagé une expérience artistique et humaine, une immersion de deux semaines au coeur d’une méthode de travail originale pour sonder le thème de la Jalousie, moteur dramatique essentiel qui met à nu les mécanismes humains dans toute leur complexité et leur ambiguïté.


Au théâtre 10ème Avenue dans un premier temps, puis au Théâtre des Carmes dans un second temps, les artistes se sont confrontés à la méthode Théâtre Brut, tout dans le corps rien dans la tête développée par Nikson Pitaqaj et la compagnie Libre d’Esprit depuis plus de vingt ans.
Le processus de création jaillit du plateau nu, du travail commun incarné par les corps dont l’investissement est total. Aucune idée n’est établie à l’avance, partant du principe que toute réflexion intellectuelle ou projection fantasmée est moins porteuse que ce qui survient dans l’instant au plateau.
«C’est libérateur et jouissif de passer par nos mots et nos corps pour aller droit au but de la situation et du personnage.»
«Ne pas réfléchir quand on est sur scène, c’est ce qu’il y a de plus dur. Avoir observé le travail de mes comparses au plateau m’a fait prendre conscience que c’est par ce lâcher prise que l’émotion et le sens parviennent au public.»
La musique, dirigée par Sébastien Lanz et Naïma Gheribi, et la video à 360°, introduite par Corinne Derian ont été des acteurs à part entière de cette formation transdisciplinaire qui bouscule les codes et brise les frontières entre Théâtre, Musique et Video.
La restitution publique au Théâtre des Carmes a été le point d’orgue de ces deux semaines de travail sans en interrompre le processus de recherche qui a continué jusqu’au bout sur le modèle d’un véritable laboratoire artistique. Pendant une heure, scènes du répertoire et scènes inédites constituées sur la base d’improvisations en équipe ont constitué un fil rouge pour explorer ensemble la Jalousie comme une zone de friction entre l’intime et le collectif.